28.10.2008

Deux raisons d’espérer : Wall Street et l’Autriche

Ce n’était pas le mur de Berlin, mais celui des lamentations de la finance internationale. Ce n’était pas le 11 septembre mais dans la semaine tout de même du 11, un nouveau séisme pour Wall Street. La pire crise depuis 1929 d’après les experts. Il ne faut pas cependant se faire d’illusion. Le système sera sauvé. Il le sera cependant par les États Nations qu’il a mis en servitude depuis longtemps. Il sera sauvé, suprême humiliation, par ses serviteurs et ne sera plus jamais comme avant. Il va falloir nationaliser, socialiser, encadrer, contrôler, se recentrer sur l’économie réelle par rapports aux placements virtuels et sans identités.

Les financiers vont continuer à mener le monde, mais un peu moins et plus de la même façon. Le courtier a manqué de tuer le banquier. Le trader du virtuel va devoir composer avec le monde réel. Surtout, les peuples se sont réveillés et ont compris que le peu qu’ils avaient, était menacé par ceux qui ont trop. Ceux qui ont toujours dénoncé la fortune vagabonde sans racines et maintenant dématérialisé peuvent et doivent parler plus fort. En 1929, on ne pouvait prévoir 1933. Nul ne peut dire ce qui va arriver après 2008. Le retour annoncé du politique ne sera peut être pas celui des politiques soumis aux naufrageurs de la finance.

C’est peut-être le retour de l’idéologie et du concret. La fin de ce consensus du politiquement correct qui pousse aux grandes coalitions contre nature et sans colonne vertébrale. Quand un socialiste gouverne avec un conservateur cela veut dire que c’est autre chose que la politique qui gouverne le pays. Cette autre chose, la dictature du marché, vient de se crasher.
On prendra donc comme un heureux présage le retour en force des identitaires et populistes autrichiens. Deux partis divisés, mais qui font 30 % aussi bien que les conservateurs qui ne conservent rien et que les socialistes qui gèrent le libéralisme de marché. Ils font mieux qu’en 99 quand Haider et sa culotte de peau avaient rendu l’Europe hystérique en entrant au gouvernement.

La droite identitaire et populiste s’installe dans le paysage européen et pas seulement en Autriche où elle revient. Son discours social est de nouveau audible. Il ne faut pas laisser la lutte contre la vie chère à Besancenot et consorts.

Les décombres de la finance virtuelle appellent plus que jamais au combat des hommes debout au milieu des ruines.

 

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